Parc National « entre Champagne et Bourgogne »

Durant le printemps 2009 nous apprenions par la presse, non sans surprise, qu’une partie du sud Haute-Marne était pressenti pour être classé « Parc National ». Résultat du fameux Grenelle, ce parc visant les forêts feuillues de plaine doit compléter le réseau des parcs nationaux existants essentiellement localisés en montagne et Outre-mer. Après « compétition » entre le pays de Bitche, le secteur de Verdun et le territoire montagne châtillonaise-plateau de Langres, le premier ministre est venu annoncer officiellement, le 27 juillet dernier à Leuglay (21), que « nous » étions retenus. Nature Haute-Marne qui a soutenu ce projet dès le début (cf. courrier au Préfet joint), se réjouit de ce choix. Comment ne pas s’enthousiasmer pour une démarche qui devrait aller dans le sens de ce que Nature Haute-Marne défend depuis longtemps maintenant. Mais nous ne sommes pas naïfs : il faudra être vigilant pour que ce parc ait un vrai sens. Cet espace devra servir d’exemple et de moteur pour le reste du territoire. Il ne s’agit pas de « faire bien » dans le parc et de faire ce qu’on veut (enfouir des déchets radioactifs ?) en dehors.

Où en est-on ? Un Groupement d’Intérêt Public (pas le GIP que nous connaissons…) doit être créé avant la fin d’année pour préparer le décret de création du parc et établir le projet de charte. Nature Haute-Marne a d’ores et déjà demandé à intégrer ce GIP, instance de préfiguration du futur Parc National. A suivre…

 

Ci-dessous, la copie du courrier adressé au Préfet de la Haute-Marne, le 13 avril dernier

Monsieur le Préfet

Société départementale de protection de la nature, représentante de France Nature Environnement, Nature Haute-Marne se réjouit du projet de Parc National de forêt feuillue de plaine.

Depuis 40 ans, Nature Haute-Marne défend la Haute-Marne comme étant un parc naturel. Le projet de Parc National en est une vraie reconnaissance.

Le territoire

Le choix des forêts d’Arc et Châteauvillain est pertinent pour représenter les forêts de la plaine française. Nature Haute-Marne soutient la proposition d’extension au massif d’Auberive qui est contigu, et présente de nombreux atouts du point de vue naturaliste et scientifique.

La qualité du Parc National

Nature Haute-Marne tient à rappeler qu’un Parc National est un outil essentiel de protection de la biodiversité. Cet aspect doit être prépondérant dans le projet. La protection peut apporter des contraintes. Il importe de le faire savoir dès le commencement du projet.

Nature Haute-Marne peut d’ores et déjà proposer des actions. Depuis des années, l’association se bat pour la protection et la valorisation du territoire, et des réalisations concrètes sont apparues quand le public, les décideurs, les élus, les ont soutenues.

Un outil de sensibilisation

Le « label » Parc National est un formidable outil de reconnaissance et d’attraction pour le territoire. Nature Haute-Marne est particulièrement attachée à l’information du public (rappelons son programme des « Balades Vertes »). Il importe que le Parc organise l’accueil et l’information des publics, et Nature Haute-Marne est prête à s’y associer.

Le Parc National doit être un territoire d’expérimentation exemplaire.

Quelques pistes :

  • D’abord la gestion forestière

Comment conduire une sylviculture qui maintienne des stades forestiers d’âges différents, qui accepte de laisser vieillir les peuplements, où coexistent production forestière et conservation de la biodiversité, où l’on évite les coupes à blanc ? Le territoire envisagé comporte des exemples, et des contre-références. Il faut que les premiers deviennent la règle.

  • L’activité chasse

Comment « naturaliser » la chasse ? Les grands animaux vivent « grâce » aux cultures, et à l’agrainage, les densités sont fortes (trop fortes ?). Il faut recréer un équilibre sylvo-agro-faunistique. Et il ne faut pas oublier le citoyen lambda qui veut se promener en forêt et voir les animaux. Il faut partager l’espace entre ceux qui paient, cher certes, et ceux qui veulent simplement découvrir, et qu’il faut parfois éduquer à la découverte.

  • L’activité agricole

La forêt conditionne l’environnement proche – facteur d’oxygène, donnant source aux rivières, tempérant le climat, alimentant les nappes… – mais la forêt a aussi besoin de son environnement, qui conditionne la qualité forestière, offre des zones complémentaires pour sa faune… Il serait dommageable de préserver la nature à l’intérieur du Parc National et de la négliger ailleurs. La biodiversité du Parc dépend aussi des prairies riveraines, des cours d’eau, des friches, des haies, des bosquets… Nature Haute-Marne a su montrer, par la concertation, que l’on peut concilier activité de production et protection d’une espèce menacée comme le Busard cendré. Oui à une zone d’adhésion exemplaire, et à une symbiose « écologique » entre la zone de cœur et la zone d’adhésion.

  • L’accueil et l’économie

Comment profiter de cet environnement de qualité pour accueillir, développer le tourisme, en favorisant des activités locales, des produits locaux, des filières courtes, la diversification des acteurs locaux… ? Oui à une zone d’adhésion, véritable laboratoire écologique, créatrice de nouveaux équilibres, de nouvelles richesses, de nouveaux emplois.

Le Parc National, lieu d’échange

Le Parc National doit être un lieu de rencontres et d’échanges de tous les acteurs concernés. Il doit observer la forêt et son environnement, les laisser évoluer, expérimenter de nouvelles stratégies. L’équipe de conception et d’organisation du Parc National doit être pluridisciplinaire, et Nature Haute-Marne souhaite lui apporter son expérience et son concours.

Et un clin d’œil 

Comment symboliser le Parc National : un emblème, une mascotte ?

Une plante : le Sabot de Vénus, une des plantes de ces forêts. Pas n’importe laquelle ! Une orchidée et une des plus belles.

Un mammifère : le Chat forestier. Ce « matou sauvage » est typique de des espaces et c’est notre félin local… ou alors le blaireau ? Tous deux ont en commun de ne pouvoir vivre sans la forêt, mais sans ses milieux voisins non plus.

Un oiseau : la Cigogne noire, assurément, la cousine forestière de la Cigogne blanche. Si présente mais si discrète, exemple même de la fragilité de la biodiversité, entre les grands espaces boisés qui lui sont nécessaires au Nord, et les risques liés à la migration et l’hivernage plus au Sud…

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’expression des nos sincères salutations.

Jean-Luc BOURRIOUX, Romaric LECONTE et Jean-Marie ROLLET, Co-Présidents


En savoir plus :

Vous trouverez les informations sur ce projet sur le site internet de la Préfecture de Haute-Marne.

 

Association "Oui au Parc National"

Pour soutenir localement cette initiative et informer largement les citoyens sur l'évolution de ce projet, l’association « Oui au Parc National » a été fondée le 3 avril 2009. Son siège est à la Maison de la Forêt à Leuglay en Côte d'Or.

Cette association veut rassembler des citoyens, toute sensibilité politique confondue, dont l’unique but est la promotion de notre territoire à travers la création de ce Parc National. Dans le cas de création de ce Parc, l’association contribuera à sa promotion par tout moyen et apportera sa contribution à la réflexion associée à sa gestion, au développement des activités qui y seront liées.

Si vous souhaitez soutenir cette initiative et être informé sur l'évolution de ce projet, vous pouvez adhérer à cette association.

Contact : ouiauparc.cotedorhautemarne@laposte.net
Blog : http://ouiauparc-21-52.over-blog.com

Retour